Minuit passé, un soir de juillet, sur les quais de Montreux. Des festivaliers sortent de l’Auditorium Stravinski, encore portés par le concert, et découvrent que le dernier train vers leur hôtel de Lausanne part dans un quart d’heure. Le Montreux Jazz Festival se prépare comme un voyage plus que comme une soirée, et la question du logement décide de presque tout le reste.
Ce qu’on sait du festival avant même l’annonce de l’affiche
Fondé en 1967 par Claude Nobs, avec Géo Voumard et René Langel, le festival a depuis longtemps dépassé le seul jazz : soul, pop, rap, musiques du monde et rock y ont leur place. Il se tient chaque année en juillet, sur un peu plus de deux semaines, au bord du Léman. Les concerts payants ont lieu dans trois salles, l’Auditorium Stravinski, le Montreux Jazz Club et le Montreux Jazz Lab, tandis que les quais accueillent des scènes et des animations gratuites.
Cette organisation compte pour préparer le séjour. Les trois salles n’ont ni la même jauge ni la même ambiance, et un même artiste ne s’écoute pas de la même façon dans un grand auditorium et dans un club. Surtout, une bonne partie du festival se vit sans billet : on peut passer plusieurs jours à Montreux en n’assistant qu’à un ou deux concerts payants, le reste du temps sur les quais. C’est ce dosage, plus que l’affiche, qui détermine la durée du séjour et donc le budget logement.
Pour 2027, l’affiche n’est pas encore connue : la programmation est habituellement dévoilée au printemps. Les dates, les lieux et les informations pratiques de la 61e édition sont réunis sur la page consacrée au Montreux Jazz Festival 2027, utile à suivre pour ne pas manquer l’annonce des artistes. Mais attendre cette annonce pour réserver son hébergement, c’est souvent arriver trop tard pour les chambres les mieux placées.
Dormir à Montreux, ou le luxe de rentrer à pied
Loger à Montreux même, c’est s’offrir la liberté de rester jusqu’au dernier rappel, de repasser à l’hôtel entre l’après-midi sur les quais et le concert du soir, de ne jamais consulter un horaire de train. Pendant le festival, la ville entière vit au rythme des scènes, et traverser les quais à une heure du matin au milieu des groupes qui rentrent fait partie de l’expérience.
Le revers est connu : les prix. La Suisse est chère en temps normal, et la demande en juillet fait grimper les tarifs des hôtels de la Riviera vaudoise. Les adresses proches du lac partent souvent des mois à l’avance. Pour qui tient à cette option, la règle est de réserver dès que les dates sont publiées, quitte à choisir une chambre annulable.
Entre le centre et l’extérieur, il existe un compromis souvent négligé : les quartiers de Clarens ou de Territet, qui font partie de la commune. Un peu à l’écart de l’agitation, ils restent reliés aux salles par la promenade du bord du lac, à pied pour les bons marcheurs, en bus pour les autres.
Rayonner autour du lac, de Vevey à la rive française
L’autre stratégie consiste à loger ailleurs et à venir pour les concerts. Vevey, à quelques minutes de train, garde une atmosphère de petite ville au bord de l’eau et permet des allers-retours faciles. Lausanne, à une vingtaine de minutes en train direct, offre davantage de choix d’hébergement et une vie nocturne propre une fois les concerts terminés.
Côté français, Évian-les-Bains ou Thonon-les-Bains séduisent par des prix souvent plus doux et le paiement en euros. La traversée en bateau de la CGN entre Évian et Lausanne fait partie du charme du voyage, mais elle impose un calcul : les concerts du soir finissent tard, et l’horaire du dernier bateau ne s’aligne pas sur celui des rappels. Sans voiture, cette formule convient mieux à ceux qui misent sur les scènes gratuites de l’après-midi.
En train, même vigilance. Rater la dernière correspondance vers Lausanne ou Vevey après un concert à l’Auditorium Stravinski oblige à finir la nuit en taxi, ce qui coûte cher en Suisse. Les horaires des CFF se consultent à l’avance, et mieux vaut les vérifier pour chaque soir de concert plutôt qu’une fois pour tout le séjour.
Les détails pratiques qui piègent les visiteurs français
La Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne, et cela se voit dans des détails qui gâchent un séjour mal préparé. Le premier concerne le téléphone : l’itinérance au tarif européen ne s’y applique pas d’office, et tous les forfaits français n’incluent pas ce pays. Un coup d’œil aux conditions de son opérateur avant le départ évite une mauvaise surprise sur la facture.
Deux autres points reviennent souvent :
- les prises électriques suisses n’acceptent pas les fiches françaises avec terre, seulement les fiches plates à deux broches, d’où l’intérêt de glisser un adaptateur dans la valise ;
- sur l’autoroute suisse, une vignette annuelle est obligatoire, désormais proposée aussi en version électronique, à acheter avant de prendre la route.
Pour les paiements, le franc suisse reste la monnaie de référence. Les cartes bancaires sont acceptées presque partout, mais renseignez-vous sur les frais que votre banque prélève hors zone euro : sur une semaine de séjour, ils finissent par peser.
Profiter du lac entre deux concerts
Un séjour au festival laisse des journées libres. Le château de Chillon se rejoint à pied depuis Montreux par la promenade au bord du lac, les vignobles en terrasses de Lavaux, inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, s’étendent entre Lausanne et Vevey, et la statue de Freddie Mercury, sur le quai, rappelle le lien de Queen avec la ville. Gardez ces sorties pour le matin : en juillet, la chaleur sur les terrasses de Lavaux se fait vite sentir, et l’après-midi appartient aux scènes gratuites.
